Avec le pacte de l'UE sur l'asile et la migration, l'Union européenne tente de réorganiser la protection des réfugiés et de maîtriser le chaos actuel. Cette réforme vise à réduire l'immigration illégale en Europe et à diminuer la migration secondaire au sein de l'espace Schengen grâce à des procédures d'asile harmonisées et efficaces. Certaines nouvelles dispositions du pacte de l'UE doivent être impérativement adoptées par la Confédération en raison des accords Schengen/Dublin.
© Ti-Press
Le mécanisme de solidarité introduit par l'UE n'est toutefois pas contraignant pour la Suisse. Concrètement, les États membres de l'UE sous pression migratoire devraient être déchargés par d'autres États membres de l'UE - soit par la prise en charge de demandeurs d'asile, soit par une compensation financière. Le Conseil fédéral a demandé la participation volontaire de la Suisse à ce programme. Désormais, la Commission des institutions politiques (CIP) du Conseil national, compétente à cet égard, s'est prononcée en faveur de l'engagement de la Suisse dans le pacte de solidarité des pays de l'UE, sous certaines conditions.
Selon cette décision, la Suisse ne devrait y participer que si des pays importants comme l'Italie remplissent leurs obligations dans le cadre du système de Dublin. Cette condition préalable est absurde. En effet, la Suisse attend de l'Italie qu'elle reprenne, selon les règles de l'asile initial de Dublin, les réfugiés dont elle est responsable de l'examen. Le mécanisme de solidarité vise à décharger les points chauds de l'asile comme l'Italie, en répartissant une partie des réfugiés débarqués là-bas sur d'autres États.
Selon la décision de la CIP du Conseil national, l'Italie devrait donc d'abord reprendre par exemple quelques centaines de demandeurs d'asile. Nous les soulagerions alors inversément dans le cadre du mécanisme de solidarité éventuellement de quelques milliers de réfugiés.
Pour tout dire, une politique d'asile sérieuse va dans un autre sens.