La Confédération interdit aux policiers de mentionner la couleur de peau dans le cadre des recherches. Désormais, cet élément ne peut plus être inscrit dans le système national de recherche Ripol sur ordre de l'Office fédéral de la police (Fedpol), comme le rapporte Blick.
Une «plainte officielle» d'une «autorité étrangère» serait à l'origine de cette interdiction, indique-t-on par ailleurs. Fedpol n’a pas souhaité répondre à une demande téléphonique de la Weltwoche sur l'identité de cette autorité étrangère. À la suite de cela, nous avons également soumis une demande écrite. La réponse est toujours en attente.
Un haut officier de police suppose que la «plainte officielle» émane de l’UE. Elle serait liée au cas d'un Suisse-kényan ayant accusé la police de «profilage racial» lors d'un contrôle à la gare principale de Zurich. Le Tribunal fédéral avait nié ces accusations. L'homme avait refusé de se soumettre au contrôle et de montrer une pièce d'identité. L’affaire a cependant été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui a condamné la Suisse. Le contrôle a été jugé «discriminatoire».
Il est possible que ce soit désormais une autorité européenne, telle qu’Europol, qui dicte à la Suisse que la couleur de peau ne peut plus être un critère de recherche, selon l’officier de police.
Les policiers s’en disent consternés. La couleur de peau est une «caractéristique principale de description», explique l'un d'entre eux. L’instruction provenant de Berne – et vraisemblablement de Bruxelles – est «absolument impraticable». Cela ne pourrait être plus absurde.
Le cas est un exemple politique de ce qui nous attend si nous signons le traité de soumission à l'UE. Le Tribunal fédéral n’aura alors plus le dernier mot, mais une cour de l’UE. Et ensuite, les autorités de l’UE viendront dicter des règlements à la Suisse, de manière tout à fait «officielle».