La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a décidé que les employeurs ecclésiastiques ne peuvent pas licencier automatiquement des employés en raison de leur sortie de l’Église. C’est ce qui ressort d’un arrêt des juges de Luxembourg. Cette décision fait suite à une demande de décision préjudicielle de la Cour fédérale du travail allemande dans une affaire provenant d’Allemagne.
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Selon cet arrêt, un licenciement peut être illégal si, pour des activités comparables, l’appartenance à l’Église n’est pas exigée de l’ensemble des employés. Les Églises ne peuvent imposer des exigences religieuses que si celles-ci sont « essentielles, légitimes et justifiées ». Dans le cas concret, les juges ont estimé que cela ne s’appliquait pas à l’activité d’une conseillère en matière de grossesse.
L’affaire trouve son origine dans le licenciement d’une employée de Caritas à Wiesbaden après sa sortie de l’Église catholique. Au sein de l’équipe travaillaient également des personnes d’autres confessions. La plaignante avait obtenu gain de cause devant les juridictions inférieures, et l’affaire est désormais pendante devant la Cour fédérale du travail.
Cette dernière doit tenir compte de l’interprétation de la CJUE dans sa décision. Les juges de Luxembourg n’ont pas procédé à une appréciation définitive du cas individuel. Ils ont toutefois souligné qu’une sortie de l’Église ne remet pas automatiquement en cause l’ethos d’une institution ecclésiastique.