En réalité, il serait grand temps que le conseiller fédéral Ignazio Cassis démissionne enfin, car sa politique européenne en coulisse et ses tentatives maladroites de contourner les chambres lors de la décision probablement la plus importante des dernières décennies, celle des référendums populaires sur les traités de l'UE, coûteront au PLR de nombreuses voix lors des prochaines élections.
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De nombreux membres et sympathisants du PLR ne cautionnent pas le zèle excessif et la vanité de notre ministre des affaires étrangères sur la scène politique internationale. Même les conseillers fédéraux du PLR ne tirent pas à la même corde sur la question européenne. Les récentes élections cantonales montrent déjà la voie vers l'insignifiance pour ce qui fut autrefois le principal parti économique.
Une démission anticipée du conseiller fédéral Cassis pourrait éventuellement sauver le deuxième siège du PLR au Conseil fédéral, à condition que l'UDC aide. Après les prochaines élections, cette place n'est absolument pas assurée. Si le PDC dépasse alors le PLR, la prochaine vacance au sein du PLR entraînerait probablement une perte de siège au profit du PDC.
Si le président démissionnaire du PLR, Thierry Burkart, devait être remplacé par un pro-européen tel que le conseiller national soleurois Simon Michel, on pourrait s'attendre à une perte significative de part de vote. Déjà dans le canton de Soleure, son engagement en faveur d'un rapprochement avec l'UE était probablement l'une des raisons de la perte de puissance du PLR local. Comme au niveau cantonal, il est probable qu'il y aura des transferts de voix du PLR vers l'UDC.
Tant l'attachement au poste du ministre des affaires étrangères Cassis qu'un éventuel mauvais choix pour la direction du PLR pourraient accélérer la descente du PLR à la quatrième place des partis au Conseil fédéral dans une mesure inhabituellement importante. Il ne reste qu'à espérer que le conseiller aux États Burkart, par sa démission de la présidence du parti, prépare sa propre candidature au Conseil fédéral, mais le temps presse, car l'opinion publique contre le PLR s'érode de plus en plus, puisque le parti ne s'est pas encore clairement positionné contre une adhésion à l'UE. Si l'on attend jusqu'aux prochaines élections parlementaires le 24 octobre 2027 pour remplacer le conseiller fédéral Cassis du PLR, il pourrait même être trop tard pour la candidature de Burkart, car il n'y aurait plus assez de soutiens à l'Assemblée fédérale.