La justice française saisit la publication récente des dossiers Epstein comme occasion de rouvrir une enquête close en 2022. Le parquet de Paris a confirmé que des indices concernant de possibles protagonistes français sont examinés – parmi eux un diplomate ainsi que deux plaintes plus anciennes. Parallèlement, le volumineux dossier d’enquête sur l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel, aujourd’hui décédé, est de nouveau analysé afin de déterminer si certains éléments peuvent être exploités dans un nouveau cadre juridique.
Maxime Jegat/Keystone
En Suisse aussi, la pression politique augmente pour examiner le lien entre ces dossiers et le pays. Comme l’écrit le Tages-Anzeiger, les documents mentionnent notamment un « assistant » à Zurich – un terme qui, selon les médias français, servait souvent de nom de code au sein du réseau d’Epstein. Le conseiller national socialiste Benoît Gaillard a demandé au Conseil fédéral d’agir: le Ministère public de la Confédération pourrait ouvrir une procédure « d’office », fait-il valoir.
Le conseiller national PLR Philippe Nantermod et le représentant UDC Manfred Bühler ne voient en revanche aucune raison d’ouvrir une enquête. Il n’existerait « aucune preuve » d’infractions commises en Suisse, affirment-ils, et de nombreux documents publiés seraient en outre « non pertinents » ou caviardés de manière incomplète. Un examen détaillé pourrait représenter une « perte de temps », a déclaré Bühler en se référant aux pratiques de publication américaines.
Le Ministère public de la Confédération a déclaré, sur demande, qu’il ne disposait d’« aucune information » sur l’affaire. L’Office fédéral de la police (Fedpol) n’enquête pas non plus pour l’instant; il ne serait compétent que lorsqu’une demande internationale en provenance des États-Unis parviendrait aux autorités. Selon l’Office fédéral de la justice, la justice américaine ne s’est jusqu’à présent pas adressée à la Suisse.