Il était prévisible que le nouveau Premier ministre français Bayrou échouerait avec son budget d'austérité et perdrait le vote de confiance. Cela bloque à nouveau la réhabilitation des finances publiques françaises.
Avec une dette déjà la plus importante de l'UE s'élevant à 3 345 milliards ou 48 700 euros par habitant, la France va glisser encore plus profondément dans la misère. En 2024, la France a payé environ 60 milliards d'intérêts sur la dette, ce qui correspondait à un taux d'intérêt de seulement 1,8 %, car le pays a pu contracter de nombreuses dettes à des taux avantageux pendant la phase de taux d'intérêt très bas de la crise du COVID. Les nouvelles dettes ou les refinancements doivent désormais être financés à des taux nettement plus élevés.
HANNIBAL HANSCHKE / KEYSTONE
Aujourd'hui, ces dettes représentent déjà 23 % des dettes de l'UE et 25 % des dettes de la zone euro. Les discussions budgétaires portent sur des économies de 44 milliards, mais aussi sur la suppression de deux jours fériés et l'absence d'augmentations des prestations sociales l'année prochaine.
Bayrou refuse également d'imposer davantage les grandes entreprises et d'étendre encore plus l'endettement, comme le demandent les partis de gauche. Si un pays n'est même pas capable de réduire le déficit budgétaire de 5,4 % cette année à 4,6 % du PIB en 2026, alors les finances publiques sont hors de contrôle et les conséquences ne manqueront pas de se faire sentir sur les marchés financiers.
La BCE peut certes absorber les vagues de ventes à court terme en rachetant des obligations d'État françaises, mais elle est également limitée par des contraintes réglementaires.
Après seulement neuf mois de mandat, le gouvernement Bayrou a échoué. Le gouvernement devrait rester provisoirement en fonction jusqu'à ce que le président Emmanuel Macron nomme un successeur. Macron a jusqu'à présent exclu des élections anticipées et sa propre démission, car de nouvelles élections signifieraient probablement la fin de sa présidence. Son mandat de cinq ans se termine en mai 2027. Les derniers sondages montrent pour le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen, une part d'électeurs de 32 % (pourcentage des voix aux élections de 2024: 37,1 %), suivi du Nouveau front Populaire écologiste de gauche avec 24 % (pourcentage des voix aux élections de 2024: 26,3 %), Ensemble (d'Emmanuel Macron) à 15 % (élections de 2024: 24,7 %) et Les Républicains/Union de la droite et du centre à 12 % (élections de 2024: 6,2 %).
Le rendement des obligations d'État françaises à dix ans est désormais de 3,48 %, presque égal à celui de l'Italie également très endettée à 3,51 %, et devrait bientôt le dépasser. Début 2025, le rendement des obligations d'État italiennes était supérieur de 33 points de base.
La Grèce paie, après la cure d'austérité qui a suivi la crise des finances publiques de 2010, déjà moins d'intérêts sur ses dettes à dix ans que la France, avec un taux de 3,35 %. La France appartient aux quatre pays centraux de la zone euro. Avec l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, ces quatre pays sont responsables de 80 % de la dette publique de la zone euro.
Ils sont aussi les garants des dettes de l'UE, qui vont bientôt atteindre la barre des 1 000 milliards. Mais que valent les garanties de pays qui ne sont eux-mêmes pas en mesure de maîtriser leurs propres budgets publics?
Il ne serait pas surprenant que le nouvel effondrement gouvernemental en France pousse à nouveau l'euro à la baisse après une période de stabilité prolongée par rapport au franc suisse.