Le gouvernement suisse a imposé cette semaine de nouvelles mesures coercitives contre la direction iranienne. Le Conseil fédéral a ajouté près de 30 organisations ou personnes supplémentaires à sa liste de sanctions.
Sont concernées l’autorité iranienne de surveillance des médias SATRA ainsi que d’autres entreprises. Motif: elles censurent des « contenus politiques ou culturels ». Le Conseil fédéral justifie cette démarche en affirmant que SATRA viole les droits de l’homme. L’UE, à laquelle le gouvernement suisse s’aligne, a elle aussi récemment inscrit des organisations comme SATRA sur sa liste de sanctions.
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Alors que la Suisse sanctionne l’Iran, le gouvernement fédéral renonce bien entendu à de telles mesures contre Israël. Le gouvernement Netanyahou, qui, avec les États-Unis, a déclenché fin février la guerre contre Téhéran, n’est pas sanctionné. Il va de soi qu’un régime de censure règne également à Tel-Aviv. Lorsque CNN traite de sujets sensibles touchant à la sécurité d’Israël, la chaîne doit soumettre le contenu correspondant à l’autorité de censure militaire avant publication. Les descentes de police et les arrestations de journalistes qui ne respectent pas les règles du jeu ne sont pas rares.
Cet exemple illustre le deux poids, deux mesures de la politique étrangère suisse. Dans le conflit en Ukraine, la Suisse mène une guerre économique contre la Russie. Dans la guerre avec l’Iran, c’est désormais l’inverse: l’agresseur est récompensé.
De nombreux parlementaires devraient se réjouir des récentes mesures prises à Berne. Le Conseil national a récemment approuvé une motion réclamant une attitude plus ferme à l’égard des dirigeants de Téhéran. La Suisse doit reprendre toutes les sanctions de l’UE contre l’Iran, telle est leur exigence.
Des sanctions de l’UE contre Israël, en revanche, les autorités suisses ne veulent rien savoir. Contrairement à Bruxelles, le gouvernement fédéral n’a pas sanctionné les colons extrémistes. En matière de régime de sanctions, c’est l’arbitraire pur et la désorientation qui règnent à Berne.