Lors de la visite d’État du nouveau dirigeant syrien Ahmed al-Scharaa, le chancelier fédéral allemand a annoncé que l’on souhaitait inciter une grande partie (80 pour cent) des Syriens vivant en Allemagne à retourner dans leur pays d’origine. La manière dont cette déclaration a été faite relève d’une farce sans pareille. En effet, Merz a fait savoir par la suite que le chiffre de 80 pour cent provenait du président syrien, tandis que ce dernier, à l’occasion d’une visite d’État en Angleterre, a précisé qu’il venait du chancelier lui-même.
Andreas Becker/Keystone
Beaucoup de tergiversations et peu de résultats, on connaît cela aussi du ministre suisse de la Justice, Beat Jans (PS), responsable de la migration, en particulier en ce qui concerne le renvoi des réfugiés syriens. Jusqu’à présent, seul l’Autriche a commencé, en 2025, à expulser activement des délinquants syriens condamnés directement vers la Syrie – tous les autres attendent, y compris la Confédération.
Ainsi, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) explique, sur demande, qu’il observe attentivement la situation, mais fait également savoir que l’on a « déjà repris, le 1er septembre 2025, la prise de décision pour les personnes lourdement délinquantes ainsi que pour les personnes vulnérables sans éléments pertinents au regard du droit des réfugiés ». Traduit, ce charabia du SEM signifie que l’on examine les dossiers des Syriens qui ont commis des infractions graves, ainsi que ceux de personnes sans motifs de fuite classiques. Toutes les autres demandes d’asile de Syriens restent suspendues.
Jusqu’à présent, cependant, personne n’a été renvoyé, pas même les délinquants frappés d’une expulsion du territoire, dont le renvoi serait « admissible dans certaines circonstances », selon le SEM. Bien que la guerre dans le pays d’origine soit terminée, seuls très peu des désormais plus de 25 000 Syriens rentrent, dont à peine 46 pour cent travaillent. À cela s’ajoute que, statistiquement, les Syriens commettent en Suisse relativement plus souvent des infractions graves avec violence et des infractions sexuelles.
Cependant, une politique de retour efficace exige impérativement une présence sur place, comme l’écrit à juste titre le conseiller national bernois du PLR Christian Wasserfallen dans une intervention récente. Mais jusqu’à présent, la Suisse n’a pas réussi à rouvrir son ambassade à Damas – contrairement à l’Allemagne, par exemple. Celle-ci a au moins rouvert sa représentation en Syrie en 2025.