Le ministère américain de la Défense envisage des mesures de rétorsion à l’encontre de l’UE si Bruxelles privilégie les entreprises européennes de l’armement dans les marchés publics et désavantage les fournisseurs américains, rapporte Politico.
Dans une déclaration adressée à la Commission européenne, le Pentagone a affirmé rejeter fermement «toute modification de la directive qui limiterait la capacité de l’industrie américaine à soutenir ou à participer de quelque manière que ce soit aux marchés nationaux d’armement des États membres de l’UE». «Les mesures protectionnistes et excluantes qui poussent les entreprises américaines hors du marché sous la pression […] sont la mauvaise voie», poursuit le texte. Si de telles règles étaient introduites, Washington réexaminerait les exemptions existantes aux dispositions «Buy American».
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En toile de fond figure la révision prévue de la directive européenne de 2009 sur les marchés de défense. La Commission doit présenter un projet au troisième trimestre. L’objectif est d’augmenter, dans le cadre du réarmement européen, la part des équipements de défense produits localement. Actuellement, environ deux tiers des armes importées par les États de l’UE proviennent des États-Unis – des avions de combat F-35 aux systèmes d’artillerie dits Himars, en passant par la défense antiaérienne Patriot.
Le Pentagone avertit qu’un traitement préférentiel des fournisseurs européens limiterait la liberté d’action des États membres, affaiblirait l’OTAN et contreviendrait aux engagements pris dans l’accord commercial conclu l’été dernier entre l’UE et les États-Unis. Environ 19 des 27 États membres de l’UE disposent d’accords bilatéraux de passation de marchés avec Washington, qui donnent à leurs entreprises accès à certains contrats du Pentagone. Selon le gouvernement américain, ces accès pourraient à l’avenir n’être accordés que «de contrat à contrat».