La ministre fédérale de la Justice Stefanie Hubig (SPD) souhaite durcir le paragraphe sur l'incitation à la haine - et priver à l'avenir les personnes condamnées pour cette infraction de leur droit de se porter candidat. Un projet de loi en ce sens prévoit que les tribunaux pourront retirer non seulement l'aptitude à exercer des fonctions publiques, mais aussi le droit de candidature pour une durée allant jusqu'à cinq ans lors de condamnations à des peines de prison à partir de six mois. Le portail Legal Tribune Online a été le premier à en parler.
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L'objectif de cette nouvelle réglementation est de protéger «la constitution démocratique de notre communauté» contre les personnes qui dirigent leurs actions «de manière agitatrice et agressive» contre les valeurs fondamentales, peut-on lire dans le projet. Parallèlement, le projet prévoit d'augmenter la peine maximale pour l'incitation à la haine - passant de trois à cinq ans.
Cette initiative repose sur les travaux préparatoires de l'ancienne ministre de l'Intérieur Nancy Faeser, mais va nettement plus loin: alors que le contrat de coalition prévoyait un retrait du droit de voter en cas de récidive, désormais une seule peine de prison suffirait.
Jusqu'à présent, une telle mesure n'était possible que dans des cas d'infractions particulièrement graves comme le meurtre, le vol ou les coups et blessures graves - et était considérée comme un domaine politiquement sensible. Sans condamnation, un retrait des droits de vote ne peut pour l'instant être ordonné que par la Cour constitutionnelle fédérale.
La réforme devrait principalement toucher les représentants de l'AfD, qui ont été régulièrement confrontés à des procédures pour incitation à la haine ces dernières années. Le cas le plus emblématique étant celui de Björn Höcke, chef du parti AfD en Thuringe, contre lequel des enquêtes ont été menées à plusieurs reprises - jusqu'à présent toutefois sans condamnation définitive.