Le paysage politique français est confronté à une possible rupture de tabou: l'ex-président Nicolas Sarkozy a rendu public, dans son nouveau livre « Journal d'un détenu », un entretien avec Marine Le Pen qui pourrait ouvrir la voie à une alliance possible entre conservateurs et populistes de droite. Comme le rapportent les médias français, Le Pen a téléphoné à Sarkozy pendant son incarcération et a reçu une promesse remarquable.
TERESA SUAREZ / KEYSTONE
« Le moment venu, je le défendrai aussi publiquement », aurait annoncé Sarkozy après que Le Pen lui ait demandé s'il souhaitait continuer à soutenir le soi-disant front républicain - la muraille politique contre son parti Rassemblement National (RN). Sa réponse selon le livre: « Certainement pas. »
L'appel depuis la prison et la réaction émotionnelle de Sarkozy pourraient avoir des conséquences de grande envergure. Une coopération entre les républicains conservateurs et le RN était jusqu'à présent considérée en France comme un non-négociable politique. Pendant des décennies, les gauches et les conservateurs se sont alliés dans les campagnes électorales pour empêcher Le Pen et son parti - même lorsque la gauche était numériquement minoritaire.
Mais le front commence à s'effriter. Déjà en 2024, le chef des Républicains, Eric Ciotti, a rejoint le camp de Le Pen. Son successeur Bruno Retailleau a récemment appelé à « l'Union des droites » et a désigné le RN comme faisant partie du « spectre républicain ». Le chef de groupe Laurent Wauquiez s'est également prononcé en faveur d'une primaire commune avec le RN et « Reconquête » d'Éric Zemmour pour trouver un candidat présidentiel unique.
Marine Le Pen elle-même est actuellement cheffe de son groupe, mais ne peut pour l'instant pas se présenter à la plus haute fonction de l'État après une condamnation pour détournement de fonds. Son éventuelle candidature en 2026 reste ouverte.