Pas une semaine sans un voyage de Riniker. La présidente du Conseil national Maja Riniker était récemment en Finlande et en Suède pour une « visite de travail », comme l’écrivent les services du Parlement. Comme souvent en politique, il ne peut bien sûr être question de « travail ». Riniker discute habituellement avec ses collègues de sujets banals. En Finlande, le ministre de la Défense s'était également joint à elle, ce qui donne à la visite un contexte politico-sécuritaire qui ne peut pas être dans l'intérêt de la Suisse neutre.
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La Suisse considère la Finlande et la Suède comme des « partenaires privilégiés » dans ses « réflexions sur les défis politico-sécuritaires actuels », écrivent les services du Parlement. D'autant plus que les deux pays sont « en première ligne des bouleversements politico-sécuritaires ». La Finlande et la Suède ont rejoint l'OTAN après l'invasion russe en Ukraine. Ce qui convient surtout à la Finlande, qui partage une longue frontière et histoire avec la Russie, ne doit pas pour autant être le chemin suivi par la Suisse.
Riniker fait – comme souvent durant son année de présidence du Conseil national – comme si elle était ministre des Affaires étrangères. Le Conseil fédéral la laisse faire car il promeut lui-même le rapprochement avec l'OTAN. Le fait que de telles apparitions donnent l'impression que la Suisse ne reste plus neutre vis-à-vis des États-Unis, le membre le plus important de l'OTAN, ainsi que de la Russie, est désastreux – mais cela ne concerne pas du tout Riniker. La présidente du Conseil national est devenue le plus haut risque pour la sécurité du pays. Heureusement, elle doit rendre son poste dans quelques semaines.