La Première ministre danoise Mette Frederiksen met en garde contre une escalade des agressions russes et appelle à une réaction déterminée de l'OTAN. «Nous devons parler très ouvertement du fait que ce n'est probablement que le début», a déclaré Frederiksen dans une interview au Financial Times. L'Europe doit prendre au sérieux la menace de la guerre hybride — même en temps de paix.
THOMAS TRAASDAHL / KEYSTONE
La mise en garde fait suite à des observations mystérieuses de drones au-dessus du plus grand aéroport du Danemark et de plusieurs bases militaires. Bien que l'origine reste incertaine, pour Frederiksen, il est clair: «La Russie est notre principal adversaire.»
Récemment, l'OTAN a abattu des drones russes au-dessus de la Pologne — une première depuis le début de la guerre en Ukraine. L'incident a déclenché deux réunions de crise de l'alliance et conduit à l'opération «Eastern Sentry»: une patrouille renforcée en Europe de l'Est avec la participation du Danemark, de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.
Frederiksen: «L'idée d'une guerre hybride est de nous menacer, de nous diviser, de nous déstabiliser. Des drones aujourd'hui, des cyberattaques demain, du sabotage le troisième jour.» Des dépenses supplémentaires pour la technologie de défense ne suffisent pas.
À Copenhague, la Première ministre accueille actuellement des dirigeants européens pour deux sommets - y participent également le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte et des représentants de l'Ukraine. Sur la table, entre autres, se trouve la proposition d'un «mur de drones» le long des frontières extérieures de l'UE.
Le fait que le Danemark ait dû compter sur l'aide de l'étranger — y compris du rival de longue date, la Suède — est ressenti comme gênant à Copenhague. Frederiksen tempère toutefois: «De tels incidents ne se produisent pas uniquement au Danemark.»