Lors du sommet de l’industrie à Anvers, le Premier ministre belge Bart De Wever a estimé que l’industrie européenne se trouve dans une «crise existentielle» et a mis en garde contre des conséquences dramatiques pour la prospérité, comme l’a rapporté le radiodiffuseur public belge VRT (Vlaamse Radio- en Televisieomroeporganisatie). Des représentants du monde économique et de la politique européenne ont débattu lors du «European Industry Summit 2026» des moyens de sortir la Europe de sa faiblesse économique face à la concurrence des États-Unis et de la Chine.
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Avant le sommet, De Wever a déclaré: «Dans l’état où nous sommes aujourd’hui, nous allons tout empêcher. La colonne vertébrale de notre économie risque de se briser.» Et il a renchéri dans son discours de clôture: «La situation dans des pays comme la Belgique et l’Allemagne est dramatique.» Les raisons en seraient la «sur‑réglementation, les prix élevés de l’énergie et le dumping chinois». L’Europe a formulé de nombreuses ambitions, «mais les résultats escomptés n’ont pas encore été atteints».
Le ministre-président flamand Matthias Diependaele a lui aussi parlé d’un «tournant historique» et averti: «La prospérité européenne est sous pression.» La Flandre veut réagir avec un programme de soutien de 2 milliards d’euros. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé un nouveau projet baptisé «EU Inc.». L’objectif est d’établir des règles industrielles uniformes, «afin que les entreprises puissent commercer dans chaque État membre». Les retards conduisent à des investissements manqués, a souligné von der Leyen.
Le chancelier fédéral Friedrich Merz a réclamé à Anvers une déréglementation en profondeur: «Nous devons déréglementer chaque secteur.» De simples ajustements ne suffisent pas. Le président français Emmanuel Macron a, en revanche, plaidé pour une préférence accrue donnée aux produits européens et s’est prononcé en faveur de quotas «Made in Europe». Le chancelier allemand a rejeté cette initiative.
Pour De Wever, une chose est claire: «Sans industrie, on dépend entièrement de la Chine et des États-Unis.»