Le gestionnaire slovaque du réseau électrique Seps a cessé de fournir de l’électricité de secours à l’Ukraine. C’est ce qu’a annoncé le directeur de Seps, Martin Magath, devant des journalistes à Bratislava.
«À partir du moment de cette annonce, Seps ne fournit plus d’électricité de secours», a déclaré Magath. L’entreprise publique a ainsi suivi une instruction du gouvernement du Premier ministre Robert Fico, qui avait déjà annoncé une telle mesure auparavant.
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Seps s’était auparavant appuyée sur des contrats de livraison existants avec le gestionnaire ukrainien de réseau Ukrenerho. Selon Magath, le gouvernement a désormais achevé le processus sur le plan juridique, de sorte que le contrat avec Ukrenerho sera résilié.
L’arrêt des livraisons concerne exclusivement les injections techniques d’électricité destinées à stabiliser le réseau électrique ukrainien. «Il ne s’agit pas de l’électricité utilisée pour l’éclairage, le chauffage, la cuisine ou la vie quotidienne», a expliqué Magath.
Cette décision est également controversée au sein même de la Slovaquie et fait surtout l’objet de critiques de la part de l’opposition libérale. Le gouvernement Fico justifie cette décision par un différend sur les livraisons d’énergie. Il accuse l’Ukraine de couper la Slovaquie des livraisons de pétrole russe et d’avoir ainsi provoqué une «situation d’urgence pétrolière» dans le pays.
En vertu d’une dérogation de l’UE, la Slovaquie est toujours autorisée à s’approvisionner en pétrole russe via l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine. Kiev a toutefois déclaré que la conduite était endommagée depuis la fin janvier par des attaques de drones russes. Bratislava et Budapest accusent en revanche l’Ukraine de bloquer elle-même le transit.