Cédric Wermuth s’emberlificote complètement dans le «Sonntalk». «La SSR a fortement viré à droite», affirme le président du PS. «On le voit dans toute la conception de la programmation.»
Lorsque le modérateur Patrick Müller lui demande où il voit précisément ce prétendu virage à droite, Wermuth reste inhabituellement vague. Il suffit, selon lui, de regarder quels thèmes la SSR traite, à «quelle proximité» elle se trouve des milieux économiques et «avec quelle docilité» elle traite l’UDC.
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La déclaration de Wermuth surprend, car les adversaires de l’initiative des 200 francs ont toujours voulu éviter le débat sur l’orientation, notamment politique, de la radio-télévision d’État. Mais la critique du président du PS étonne surtout parce que son parti réunit pas moins de 820 000 francs pour venir en aide à la SSR.
La gauche paie autant d’argent pour un média de droite? Interrogé sur cette contradiction par le conseiller national UDC Michael Graber, Wermuth répond: «Bien sûr que nous dépensons beaucoup d’argent pour le sauvetage de la SSR. Nous pensons que l’infrastructure démocratique est centrale.»
Ce que le téléspectateur du «Sonntalk» a appris de cette heure de gloire de la politique des médias: Wermuth et le PS soutiennent la SSR tant qu’elle rapporte contre l’économie et contre l’UDC. Reste à savoir si 200 francs ne suffiraient pas aussi pour ce journalisme de gauche; ce sont le peuple et les cantons qui en décideront le 8 mars.