L'économiste Reiner Eichenberger s'exprime dans une interview accordée au Tages-Anzeiger à propos de l'initiative de réduction de moitié. Il la considère comme un signal nécessaire contre la position, selon lui, trop puissante de la SSR.
De manière générale, Eichenberger reconnaît l'importance de l'information, de la culture et du multilinguisme en tant que biens publics. Cependant, cela ne justifie pas à ses yeux « de subventionner la SSR à un tel niveau ».
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D'autres entreprises, comme les banques ou la Migros, fournissent également des services dans l'intérêt public - « on pourrait facilement inventer des raisons pour les subventionner aussi ». Ce qui est décisif, c'est de savoir si de tels services ne pourraient pas également être fournis dans un marché plus libre.
Par le passé, il y avait de bonnes raisons pour un monopole réglementé par l'État, comme les obstacles techniques importants et le peu de fréquences disponibles. Ces conditions ont disparu aujourd'hui. Sur Internet, la SSR se retrouve face à des fournisseurs privés sans moyens comparables avec ses « 1,3 milliard provenant de redevances obligatoires ». Cela pose « de sérieux problèmes » et fausse la concurrence.
Eichenberger critique également le manque de diversité d'opinion à la SRF. Alors que chez Tamedia, CH Media, NZZ ou Blick, des perspectives différentes sont visibles, elles manquent « clairement » dans le service public de radiodiffusion. La SSR ne devrait pas se diriger politiquement vers la droite, mais devenir « plus objective et pluraliste ».
Pour lui, le divertissement n'appartient pas à la mission principale d'une chaîne financée par des redevances. Des séries comme « Tschugger » ou le « Tatort » suisse ne relèvent pas du service public.
Eichenberger relativise la menace de suppressions de postes. Une réduction de moitié ne se ferait pas brusquement, mais progressivement. Les réformes nécessitent cependant un signal clair: « L'initiative de réduction de moitié est un tel signal d'arrêt. »
Comme alternative, il propose de compenser rétrospectivement les fournisseurs privés pour des prestations qualifiées. Des comités indépendants devraient superviser l'attribution. Cela ne constitue pas un monstre bureaucratique, mais un « générateur de qualité concurrentielle ».