Le conseiller national UDC Thomas Matter s'attaque frontalement au SRG lors de la campagne de vote sur l'initiative «200 francs, c'est suffisant». Le politicien de 59 ans accuse la maison médiatique de service public d'avoir une partialité politique, de faire peur et de manquer de volonté d'économie. «Je ne veux pas abolir le SRG», déclare Matter dans une interview avec le Tages-Anzeiger, «mais il est devenu une structure immense et active dans des domaines sans rapport avec sa mission».
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Il est particulièrement dérangé par la présence en ligne et sur les réseaux sociaux du SRG. «Dans les pays voisins, les médias de service public ont massivement réduit leurs effectifs. L'ARD a supprimé 2500 postes en 25 ans. Le SRG a, lui, créé 1200 postes au cours de la même période.» Il remplissait jadis sa mission «très bien avec un budget plus modeste».
Matter juge insuffisante la contre-proposition du Conseil fédéral. «En fin de compte, le SRG doit économiser entre 120 et 155 millions – et non 270, comme il le prétend.» En raison de l'immigration, le nombre de ménages payants continue d'augmenter et la redevance ne diminuera qu'à partir de 2029.
Matter voit également un biais politique clair: «La tendance gauchiste nous est une épine dans le pied depuis longtemps.» Le SRG «gonflé» serait certes tenu à l'équilibre, mais ne le respecterait souvent pas. À titre d'exemple, il cite la couverture de la campagne de vote: «Le SRG mène ainsi indûment une campagne de vote.» Dans le journal télévisé «Tagesschau», «on vient encore de produire des fake news sur le thème de l'immigration». La Weltwoche en a parlé.
Le fait que des critiques viennent également de la gauche ne le convainc pas. «Il y a consensus, même parmi les journalistes, que le SRG a une orientation de gauche.» Il ne regarde presque plus le SRF: «À chaque émission d'actualité, je sais en deux minutes quelle est l'orientation politique du présentateur.»
Selon lui, l'initiative de réduction de moitié devrait briser la domination du SRG. «Nous pourrions peut-être contrôler un peu le pouvoir immense du SRG. Il y aurait plus de concurrence.» L'initiative n'interdit pas au SRG les activités en ligne, souligne Matter: «Mais il ne doit pas concurrencer les privés avec sa présence en ligne.»
Le SRG pourrait économiser principalement sur le personnel. «Un soi-disant rédacteur junior gagne environ 15 % de plus que dans les médias privés. La directrice du SRG gagne plus qu'un conseiller fédéral.» Néanmoins, il est convaincu: «Après l'adoption de l'initiative, le SRG pourrait encore proposer un excellent programme – en information, sport et culture.»