Ce n’est pas un méchant troll qui pose la question, mais le juriste renommé et ancien président de la Cour de l’AELE, le Prof. Dr Dr h. c. Carl Baudenbacher. «L’abus de droit fait-il partie des valeurs de l’UE?», demande-t-il, apportant un nouvel argument brillant au débat sur les accords de rattachement à l’UE.
Peter Klaunzer/Keystone
Baudenbacher constate que l’UE exige de la Suisse la conclusion d’un accord qui contredit ses propres valeurs – en particulier le principe de l’indépendance judiciaire. Les critères d’adhésion à l’UE («critères de Copenhague») exigent l’État de droit et l’indépendance de la justice. La Cour de justice de l’Union européenne elle-même, mais aussi la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de l’AELE, auraient confirmé ces principes.
Malgré cela, l’UE veut désormais imposer à la Suisse, avec l’aide du Conseil fédéral, un mécanisme permanent selon lequel les litiges seraient portés devant un tribunal arbitral qui, pour les questions de droit de l’UE, devrait obligatoirement saisir la CJUE et suivre sa jurisprudence – tandis que le Tribunal fédéral serait entièrement exclu.
Une telle démarche à l’égard d’un État tiers plus démocratique constitue, selon Baudenbacher, qui se fonde sur les propres principes de l’UE, un abus de droit. La CJUE serait neutre à l’égard des États membres, mais elle ne le serait pas à l’égard de la Suisse.
En d’autres termes: l’UE exige de la Confédération quelque chose qui contredit ses propres principes et sa propre pratique juridique. Nous attendons que la CJUE annule les traités.