Les États-Unis se sont mis d'accord avec les autres pays du G-7 sur un accord fiscal qui protège les grandes entreprises américaines de taxes plus élevées à l'étranger, rapporte le Financial Times. Ainsi, le taux d'imposition minimum mondial de 15 %, sur lequel plus de 135 pays s'étaient mis d'accord en 2021, est considérablement affaibli. Selon le ministre américain des Finances Scott Bessent, l'accord devrait permettre aux entreprises américaines d'économiser environ 100 milliards de dollars en impôts étrangers sur dix ans.
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Au cœur de l'accord se trouve une approche dite « côte à côte », qui prend en compte les impôts payés par les entreprises américaines dans leur pays d'origine et les exempte en partie de l'obligation fiscale minimale mondiale. Selon l'OCDE, il s'agit d'une étape importante dans la coopération fiscale internationale – les critiques parlent cependant d'un « coup de grâce » pour la réforme.
« C'est un succès total pour les États-Unis », a commenté l'expert fiscal Robert Goulder. Le gouvernement américain avait auparavant menacé de taxes de représailles – la soi-disant « Section 899 » – contre les pays qui, selon eux, discriminent les entreprises américaines. Cette menace est maintenant retirée, ce que la ministre des Finances du G-7, Rachel Reeves, considère comme une étape importante pour un « dialogue constructif ».
Cependant, tout le monde ne partage pas cet optimisme. Markus Meinzer du Tax Justice Network voit dans l'accord du G-7 une « capitulation précipitée » qui rend l'accord fiscal mondial « inutile ». Le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz critique également que l'on ait « privilégié les intérêts des multinationales sur ceux des citoyens ».
L'OCDE souligne cependant que le G-7 seul ne peut pas changer la politique fiscale mondiale. Pour une mise en œuvre, l'accord nécessite l'approbation de 147 pays. Le débat sur une fiscalité équitable à l'ère numérique reste donc ouvert, notamment en raison des tensions persistantes sur les taxes spéciales imposées aux géants américains de la technologie.