L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a déposé une plainte et une demande en référé auprès du tribunal administratif de Cologne contre la classification comme « tendance extrémiste de droite avérée » par l'Office fédéral de protection de la Constitution (BfV).
Le parti considère que cette classification rendue publique constitue une grave atteinte illégale à la formation démocratique de la volonté. C'est ce qui ressort de l'acte de plainte que Weltwoche a pu consulter.
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L'AfD, représentée par les porte-paroles Alice Weidel et Tino Chrupalla, exige non seulement la cessation de l'observation et de l'annonce publique de cette évaluation, mais également une déclaration contraire : le BfV doit déclarer publiquement que la classification était illégale. Pour chaque infraction, une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 euros pourrait être infligée.
La plainte menée par le cabinet d'avocats Höcker argumente que l'AfD ne prône ni la violence ni une « attitude activement combattive », ce qui est un critère constitutionnellement impératif pour être observé par la protection de la Constitution. Même le BfV a admis en interne en 2023 qu'il n'existait « aucun potentiel de danger physique immédiat » émanant de l'AfD.
Le BfV aurait, lors du rehaussement, généralisé les déclarations et les attitudes de certains membres à l'ensemble du parti. Selon des décisions judiciaires antérieures, le programme du parti ne contenait aucune pensée hostile à la constitution. Au contraire : le programme du parti est « par endroit une adhésion à la Loi fondamentale », argumente l'acte de plainte.
L'AfD voit également une violation flagrante de l'obligation de neutralité des autorités publiques. Le rapport confidentiel de la protection de la Constitution a apparemment été délibérément transmis aux médias. Même des journalistes du Spiegel ont publiquement admis avoir reçu le document à l'avance.
Le parti critique le rehaussement comme politiquement motivé : la ministre de l'Intérieur, Nancy Faeser, a publié le rapport « sans examen technique » contrairement à ses engagements antérieurs – peu de temps avant de quitter ses fonctions. L'AfD y voit une tentative d'influence sur les électeurs, les membres et les donateurs potentiels avant les élections communales et régionales à venir.
Le tribunal administratif de Cologne doit maintenant décider si la protection de la Constitution a agi de manière inconstitutionnelle avec sa classification et sa diffusion publique.