Pour la première fois depuis l'arrestation spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines, le gouvernement allemand a publiquement critiqué l'approche des États-Unis. Le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius a déclaré mercredi à Berlin, que les États-Unis n'avaient pas démontré de manière convaincante devant le Conseil de sécurité de l'ONU que leur démarche était conforme au droit international.
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Washington avait mené samedi une opération ciblée sur le sol vénézuélien et transféré Maduro à New York après son arrestation, où il doit être jugé pour des accusations de drogue et de terrorisme. Le gouvernement américain a parlé d'une « mesure de poursuite chirurgicale » contre un « narcoterroriste » et a soutenu que Maduro n'était pas un chef d'État légitime. Plus de 50 pays ne reconnaissent pas sa réélection en 2024.
Le gouvernement allemand avait initialement renoncé à une évaluation en invoquant la complexité juridique. Il se positionne maintenant sous le chancelier Friedrich Merz de manière prudemment critique, sans toutefois donner une évaluation juridique claire de l'incident. À Berlin, on continue de dire qu'on prend le temps pour un examen complet.
Des critiques claires contre cette retenue sont venues de l'opposition ces derniers jours. Les États-Unis, en revanche, soulignent que leur démarche est couverte par le droit international. Traiter d'égal à égal Maduro en invoquant la Charte de l'ONU ignore la réalité politique au Venezuela, selon Washington.