La concentration du pouvoir centralisé sous Ursula von der Leyen nuit à l'Europe - c'est ce qu'affirme l'ancien commissaire européen aux affaires sociales, Nicolas Schmit. Dans une interview accordée au portail Politico, il a accusé la présidente de la Commission européenne d'avoir « largement réduit au silence » le collège des commissaires. Le système présidentiel qu'a établi von der Leyen ne serait ni bon pour la Commission ni pour l'Europe.
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Schmit, qui a été commissaire à l'emploi et aux droits sociaux de 2019 à 2024 et qui s'est récemment présenté comme candidat principal des socialistes aux élections européennes de 2024, voit un problème fondamental de leadership. Il manque de « stratégie » et de « courage ». Les décisions seraient prises sans véritable débat stratégique. « Nous n'avions pas de véritable stratégie », a déclaré Schmit en vue des défis géopolitiques durant le premier mandat de von der Leyen.
Schmit a particulièrement critiqué la gestion de l'ancien commissaire français Thierry Breton, à qui les États-Unis ont interdit l'entrée en raison de son rôle dans la régulation des entreprises technologiques américaines. La Commission n'aurait pas suffisamment défendu Breton, bien qu'il ait mis en place le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA), des lois soutenues par les 27 commissaires, y compris von der Leyen. « Nous aurions dû montrer plus de solidarité et dire: 'C'est nous tous'. Mais le courage n'est pas toujours réparti de manière égale en politique », a déclaré Schmit.
Schmit est également peu favorable à la récente initiative de déréglementation de la Commission, les soi-disant paquets Omnibus pour la débureaucratisation. Le processus serait précipité, opaque et rappellerait par sa radicalité plutôt la « politique de Trump », comme l'a également formulé Iratxe García des sociaux-démocrates.
Un porte-parole de la Commission a refusé de commenter les accusations auprès de Politico.