Le gouvernement israélien mène actuellement une guerre sans but, sans objectif clair, sans planification et sans perspective de succès – c’est ce qu’écrit l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert dans une tribune pour le journal israélien Haaretz. Dans ce texte, il adresse de graves accusations contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son cabinet. Les actions militaires à Gaza ne sont pas seulement inutiles, mais désormais également criminelles, affirme Olmert.
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« Ce que nous faisons maintenant à Gaza est une guerre d'extermination : un massacre de civils indiscriminé, illimité, cruel et criminel », écrit Olmert. La responsabilité n’incombe pas aux soldats débordés ou aux commandants locaux, mais directement au gouvernement. Celui-ci poursuit une politique de famine ciblée et de répression humanitaire, visant à punir collectivement plus de deux millions de personnes. Selon Olmert, certains ministres reconnaissent publiquement considérer tous les habitants de Gaza comme des membres du Hamas – « il n’y a aucune limite morale ou opérationnelle à leur extermination ».
Olmert s'est autrefois défendu contre les accusations internationales de crimes de guerre. Mais maintenant, il ne voit plus comment les rejeter : « Oui, Israël commet des crimes de guerre. » En particulier, le blocus délibéré de nourriture et d'aide médicale, ainsi que la destruction systématique des infrastructures civiles, dépasse toute mesure acceptable de la violence militaire.
Les réactions internationales face à l'agissement d'Israël s’intensifient. Le président français Emmanuel Macron, qui s'est récemment tenu aux côtés d'Israël contre l'Iran, s'est prononcé en faveur d'une révision de l'accord d'association avec l'UE. Même les chefs de gouvernement de droite comme Giorgia Meloni et Dick Schoof soutiennent désormais des mesures similaires.
Olmert avertit que le gouvernement israélien actuel est devenu le plus grand danger pour le pays lui-même : « Elle n’a pas déclaré la guerre contre le terrorisme, mais contre sa propre société. » La solidarité intérieure israélienne est irrémédiablement endommagée – par un leadership qui appelle non pas à l’unité, mais à la division.