Lors du vote très serré avec 50,1 % d'approbation concernant l'achat des avions de combat américains F-35, Thierry Burkart était encore le chef de campagne des partisans. Récemment, il s'est exprimé ainsi: Sans un nouveau vote sur un éventuel crédit supplémentaire, « nous mettons en danger non seulement la crédibilité des référendums populaires, mais aussi la confiance dans la politique de sécurité suisse ». C'est ce qu'a déclaré le conseiller aux États argovien le 18 septembre dans la NZZ.
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Les adversaires de gauche, qui avaient alors été défaits, exercent une forte pression pour que le vote soit répété en raison du prix d'achat plus élevé. À cette fin, ils s'appuient sur un vote prétendument « représentatif », auquel seulement 1005 personnes ont participé. Cela représente 0,018 % des électeurs suisses.
Après les habituelles pirouettes intellectuelles, Thierry Burkart, spécialiste de la politique de sécurité, a également changé d'avis: « Si nous procédons ainsi, je crains que nous ne mettions en danger non seulement la crédibilité des référendums populaires, mais aussi la confiance dans la politique de sécurité suisse. » Pour lui, il est clair que la démocratie directe doit primer sur les préoccupations de sécurité. Burkart ne souhaite pas avoir dit tout cela en tant que président du FDP, mais en tant que conseiller aux États. Car il part du principe, selon les connaissances actuelles, que la plupart de ses collègues de parti suivront le Conseil fédéral et ne voudront pas d'une répétition du vote.
Pourquoi cet homme, face à une prétendue menace massive, en arrive-t-il à retarder encore plus l'acquisition indispensable du F-35. Le mot clé est les élections au Conseil fédéral. Le chef du FDP sortant se prépare pour le prochain saut de carrière - en tant que successeur de la collègue de parti en difficulté Karin Keller-Sutter. Et pour cela, il faut - comme l'élection du conseiller fédéral du Centre Martin Pfister l'a démontré de manière impressionnante - les votes de la gauche.
Si Thierry Burkart veut se débarrasser de la réputation de « droitier » du parti libéral, cela ne peut apparemment se faire qu'avec un virage à gauche, critique envers l'armée, en ce qui concerne l'acquisition des avions de combat. Qu'il expose ainsi à long terme le pays sur le plan de la politique de sécurité semble manifestement secondaire. Il ne serait donc pas surprenant que Burkart, pour des raisons de carrière, passe également dans le camp du oui concernant le paquet d'association à l'UE.