SRF a lancé une grande offensive contre la désinformation. Lors de la semaine thématique «Fait ou Faux», la chaîne interroge sur «ce que les Fake News signifient pour notre vie».
La question a également été abordée par «Le Club» sous le titre «Fake News: Attaque contre la démocratie». L'origine de l'attaque a été clarifiée dès l'introduction: les fausses informations sont un «instrument de pouvoir mondial», utilisé principalement par le président américain Donald Trump et la Russie.
Screenshot SRF
Les invités se sont fidèlement accrochés à cette thèse de base en endossant également les accusations. C'était, assez peu original, encore une fois du pur Trump-bashing.
Beaucoup de ce qui a été dit ne peut guère être contesté. Par exemple, lorsque Sarah Pohl, directrice du Bureau central de conseil sur les questions de croyance du Bade-Wurtemberg, a déclaré qu'il fallait simplement répéter suffisamment souvent les Fake News pour qu'elles s'installent dans le cerveau comme des faits.
Pour cette constatation, il n'était cependant pas nécessaire de se référer à Trump ou à une guerre hybride de la Russie. SRF aurait également pu simplement puiser dans ses propres archives.
Il existe de nombreux cas. La fable du certificat Covid, censé prouver que son détenteur ne peut pas propager le virus, colportée sans contredit par l'ancien ministre de la Santé Alain Berset? Des températures record imaginaires chez SRF Meteo, censées montrer à quel point le réchauffement climatique est massif? Les commentaires minimisants d'une correspondante après les émeutes violentes lors de la fondation du jeune parti AfD?
Les Fake News «sapent la confiance des citoyens et des citoyennes envers l'État, les médias, la politique», est-il dit dans la description de l'émission. Les exemples «faits maison» chez SRF montrent inversement comment ils peuvent servir à diffuser des mensonges d'État. Et le fait qu'en Suisse aussi, de moins en moins de consommateurs font confiance aux médias, ne tient guère à Trump.
Chez SRF, on sait donc très bien comment fonctionne la «désinformation manipulatrice». Que l'on souhaite montrer le mécanisme avec Trump et compagnie est une pure manœuvre de diversion de ses propres manquements.