À quelques jours des élections législatives en Hongrie, prévues le 12 avril, le Conseil de l’Europe exprime des inquiétudes quant au climat politique dans le pays. C’est ce qui ressort d’une déclaration publiée par une délégation multipartite à l’issue d’une visite à Budapest.
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La délégation parle d’un «climat empoisonné» et avertit qu’il ne s’agit pas seulement de savoir «qui remporte les voix, mais aussi de savoir si la compétition démocratique elle-même reste ouverte, pluraliste et équitable». Le chef de la délégation, l’Espagnol Pablo Hispán, a souligné que ce sont les électeurs qui doivent décider – «et non des campagnes de peur, des campagnes de diffamation, des règles inéquitables ou une ingérence étrangère».
Le Conseil de l’Europe critique des «messages de campagne agressifs et trompeurs», notamment de la propagande contre l’Ukraine et l’UE. Il fait également état de «sérieuses préoccupations quant à l’intégrité de l’environnement électoral» ainsi qu’à un paysage médiatique offrant un accès limité à une information indépendante.
Lors de ce scrutin, le Premier ministre Viktor Orbán brigue un cinquième mandat. Les sondages placent le chef de l’opposition, Péter Magyar, en tête. Les deux camps s’accusent mutuellement d’ingérence étrangère.
La participation d’une collaboratrice russe à une mission d’observation électorale de l’OSCE suscite des critiques supplémentaires. Plusieurs députés européens ont exigé son retrait, en invoquant ses activités passées dans l’entourage du président russe. Des ONG ont également annoncé qu’elles limiteraient leur coopération.
L’OSCE rejette ces accusations. «Cette collaboratrice n’a jamais travaillé comme interprète personnelle du président Poutine», a indiqué l’organisation. Elle a ajouté qu’elle ne modifiait pas ses décisions en matière de personnel «sous la pression extérieure ou en raison de campagnes médiatiques».