Il n’y a pas eu de temps pour la réflexion: il y a une semaine, le Conseil fédéral a transmis le message concernant la contribution de solidarité pour les victimes de Crans-Montana aux commissions spécialisées. Celles-ci ont examiné ce projet à toute vitesse. Mercredi, le Conseil des États a décidé à une nette majorité d’accorder des prestations financières aux personnes touchées. Pour une fois, les rouages du Parlement suisse ont tourné rapidement.
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Le Conseil fédéral, le ministre de la justice Beat Jans et le Conseil des États ont ainsi fait de la gestion de la tragédie de Crans-Montana, avec 41 morts et 115 blessés, une tâche nationale. Chaque victime décédée ou ayant nécessité une hospitalisation stationnaire doit recevoir d’urgence un montant forfaitaire de 50 000 francs.
Le problème de ce dossier est qu’avec l’annonce publique et internationale du soutien aux victimes de l’enfer de flammes, le conseiller fédéral Jans a en quelque sorte pris le Parlement en otage. Le Conseil des États n’avait tout simplement pas d’autre choix que d’accepter le projet, même si certains parlementaires (Andrea Caroni, Benedikt Würth, etc.) ont souligné les questions restées ouvertes.
Le dommage réputationnel pour le pays aurait sans doute été encore plus grand si l’on avait simplement rejeté la contribution de solidarité.
En réalité, l’initiative était peut-être bien intentionnée, mais de telles bonnes intentions ne conduisent pas nécessairement à de bons résultats.
Lorsqu’on traite les conséquences d’une catastrophe, il faut prendre une certaine distance – même lorsqu’il s’agit de souffrances incommensurables, a déclaré le conseiller aux États UDC Pirmin Schwander lors du débat. En effet: les responsabilités ne sont pas encore clarifiées, mais on distribue déjà de l’argent. La Confédération ne crée pas seulement un précédent. Elle laisse aussi entendre que notre État de droit ne fonctionne pas et donne l’impression que la Suisse porte une responsabilité morale pour ce drame.
On ne peut donc que le répéter encore et encore: cette contribution de solidarité est fausse, fausse et encore une fois fausse.