Le conseiller national zurichois du PS Fabian Molina est connu pour ses shows médiatiques sous forme de voyages à l’étranger, qui lui assurent de l’attention – mais lui valent aussi régulièrement les critiques des autres partis.
C’est l’une de ses marques de fabrique que de proposer, sur un ton accusateur, des aventures de politique étrangère pour la Suisse ou, pour mieux dire, de la conduire sur une pente glissante. Et comme cette méthode se vend bien, il revient sans cesse avec des revendications moralement chargées, par lesquelles il récite le traditionnel exorcisme antifasciste de gauche.
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Les choses deviennent problématiques lorsqu’une majorité du Conseil national tombe dans le panneau, comme ce fut le cas lundi, lorsqu’il a présenté une déclaration sur le respect de la Charte de l’ONU et de l’intégrité territoriale des États. Le président américain n’est pas mentionné une seule fois nommément dans ce texte. Mais Molina ne vise en réalité que lui, parce qu’il a manifesté de l’intérêt pour le Groenland.
Ce qui dérange particulièrement le Zurichois, ce sont la « rhétorique expansionniste » ainsi que les « menaces politiques et militaires »: « qui visent à remettre en question l’intégrité territoriale d’autres États, y compris en Europe, notamment à l’égard du Royaume de Danemark et de son territoire autonome du Groenland. » Que Trump ait depuis longtemps relativisé ses propos ne préoccupe Molina ni la majorité du Conseil national le moins du monde.
Au lieu de cela, il est demandé au Conseil fédéral de prendre, en collaboration avec des États partageant les mêmes vues, des mesures pour s’opposer efficacement aux pressions et contraintes dirigées contre le fonctionnement du multilatéralisme et le droit international.
Quelle sera la prochaine étape, des veillées devant l’ambassade des États-Unis à Berne?