En juin 2025, le Conseil des États a adopté plusieurs propositions pour une politique d'asile et d'immigration plus stricte. Il a approuvé une motion visant à restreindre la liberté de mouvement des demandeurs d'asile si une procédure pénale est engagée contre eux pour un délit ou un crime. De plus, le Conseil des États a accepté une motion stipulant que les criminels condamnés doivent être exclus de la procédure d'asile ou qu'un permis de séjour accordé doit être révoqué.
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Les deux motions ont été déposées par des représentants de l'UDC et avaient déjà été approuvées par le Conseil national. Elles ont immédiatement été soumises à la mise en œuvre du conseiller fédéral Beat Jans, qui est à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) responsable. Que s'est-il passé entre-temps?
Apparemment, rien, bien que le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) dispose de 1431 postes. On devrait bien y trouver un juriste capable de proposer des solutions réalisables. Loin de là, ce n'est que le 28 novembre 2025 que des représentants de la Confédération, des cantons et des communes se sont réunis et ont adopté dans le cadre de la «Stratégie d'asile 2027» un «mandat politique» pour, entre autres, accélérer les procédures d'asile et agir plus systématiquement contre les demandeurs d'asile criminels.
Le conseiller fédéral Jans a déclaré dans ce contexte qu'il fallait «des décisions plus rapides, des retours plus rapides et une intégration plus rapide». Des déclarations embarrassantes, car s'il prenait vraiment cela au sérieux, le ministre de la Justice aurait déjà dû présenter des propositions concrètes, alors qu'il avait reçu en juin 2025 le mandat impératif d'agir contre les demandeurs d'asile criminels avec les deux motions.
La Conférence sur l'asile n'a pris aucune décision concrète à cet égard et s'est limitée à citer les zones problématiques. Le conseiller fédéral Jans a qualifié la Conférence sur l'asile de premier pas. La Confédération, les cantons et les communes devraient élaborer et mettre en œuvre ensemble des mesures concrètes; il n'y a pas de calendrier précis.
Le titre de «héros du travail» fut la plus haute distinction étatique pour des performances exceptionnelles en République démocratique allemande (RDA); il était souvent utilisé ironiquement pour dénoncer la faiblesse des performances, la bureaucratie ou l'absurdité de la propagande étatique. En ce sens, le conseiller fédéral Jans est un véritable «héros du travail».
Donc, continuer selon la devise «lentement mais sûrement», bien que le problème des demandeurs d'asile criminels soit plus grand que jamais. Les demandeurs d'asile originaires des pays d'Afrique du Nord sont accusés de délit à soixante pour cent (NZZ en ligne, 28.11.2025). Leurs demandes d'asile sont manifestement abusives, car les vrais réfugiés éviteront de sombrer dans la criminalité. Ces criminels se moquent de nous, et la Suisse leur accorde logement et nourriture, soins médicaux ainsi qu'une procédure d'asile en première et deuxième instance.
Cela n'a plus rien à voir avec la tradition humanitaire, mais plutôt avec un abêtissement humanitaire. Il est donc urgent de mettre en œuvre les motions mentionnées ci-dessus. Une attention particulière doit également être accordée au Tribunal administratif fédéral à Saint-Gall. Car même la NZZ identifie un problème d'efficacité au Tribunal administratif fédéral (NZZ, 28.11.2025). Et ce, bien que le Tribunal administratif fédéral ait pu augmenter son personnel avec 5 postes de juges supplémentaires (temporaires), 15 postes de greffiers et 5 postes administratifs.
Dans ce contexte coûteux, Benedikt Würth, conseiller aux États du centre du canton de Saint-Gall, exige dans une motion que la mise en œuvre urgente et prioritaire des procédures soit accélérée, comme le parlement l'a déjà demandé. Puisse-t-il réussir son entreprise.
Fulvio Haefeli a été juge au Tribunal administratif fédéral à Saint-Gall de 2007 à 2022.