L'année politique à venir est placée sous le signe de l'initiative pour la durabilité contre une Suisse de 10 millions d'habitants. Le peuple suisse se prononcera probablement en juin sur le projet, dont l'issue est complètement incertaine. Si elle est adoptée, le Conseil fédéral devra prendre des mesures dès que la population résidente permanente dépassera 9,5 millions.
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La chance d'acceptation semble moindre pour l'initiative du fonds climatique des rouges et des verts. Le projet exige que le Conseil fédéral détourne chaque année de 4 à 8 milliards de francs du frein à l'endettement pour décarboner l'économie suisse. Les initiateurs, parmi lesquels figure l'actuelle conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider, parlent d'une "transformation", d'un "New Deal vert".
Un non à l'initiative serait un coup d'éclat. Ce serait la deuxième fois après la loi sur le CO2 en 2021 que le peuple suisse se prononce explicitement contre l'accord de Paris sur le climat. L'accord international perdrait ainsi définitivement sa légitimité démocratique. Un non équivaudrait de facto à une résiliation par le peuple suisse.
Plus encore: un non à l'initiative du fonds climatique serait aussi un non aux futurs accords climatiques qui ne font que nuire au budget fédéral sans apporter de bénéfice au climat. Le premier paragraphe du nouvel article constitutionnel prévoirait en effet une adoption dynamique de tous les accords climatiques que le Parlement ratifierait à l'avenir.
Un non serait également une nouvelle défaite pour le PS et les Verts après l'humiliation à 80 % de l'initiative sur l'impôt sur les successions – et la fin de la transition énergétique. Ce qui n'empêcherait pas la gauche – c'est une certitude aujourd'hui – de parler d'un "succès d'estime" le dimanche du vote.