Si la Suisse adhère aux traités de l'UE, elle renonce à sa souveraineté. Des sujets décisifs comme l'immigration, l'approvisionnement en énergie ou la production alimentaire seront désormais décidés par des bureaucrates à Bruxelles, et non plus par le peuple et les cantons en Suisse.
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Déjà l'acceptation des soi-disant Accords bilatéraux I il y a environ 20 ans s'est accompagnée d'une perte de souveraineté. L'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE (ALCP) y contenu est considéré comme plus important que la volonté du peuple et des cantons. C'est la conclusion à laquelle est parvenue le Tribunal fédéral dans un arrêt de principe en 2015.
Les juges du même Tribunal fédéral ne se voient cependant pas capables de répondre à une question simple du conseiller national UDC Thomas Matter. Dans une interpellation, Matter voulait savoir des juges: « Si les accords bilatéraux I de la Suisse avec l'UE ont préséance sur la constitution fédérale: cela vaut-il aussi pour le nouveau ‘paquet Suisse-UE’ encore plus loin régi? »
Bien sûr, l'intervention de Matter, dont a d'abord parlé la NZZ, est aussi une question piège. Il n'est pas nécessaire d'être juge pour comprendre que les nouveaux traités de l'UE vont beaucoup plus loin que les Accords bilatéraux et qu'ils ont donc également préséance sur la constitution suisse comme l'ALCP.
C'est probablement aussi pour cette raison que les juges, dans leur réponse, renvoient à l'Office fédéral de la justice (OFJ) ainsi qu'aux diplomates qui ont négocié les traités de l'UE. À la question de savoir si les traités de l'UE ont préséance sur la constitution, le chef de l'OFJ, Michael Schöll, a donné une réponse très agnostique lors d'une conférence de presse: « Je ne le crois pas. »
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