Le Freisinn, autrefois un parti bourgeois à responsabilité étatique connu pour sa politique libérale, doit probablement se réinventer. En effet, quel que soit le sujet politique, une ligne de parti est introuvable. L'ancien président du FDP, Thierry Burkart, par exemple, a récemment approuvé l'offensive militaire du conseiller fédéral Martin Pfister et a soutenu une augmentation de la TVA en faveur de la sécurité de la population. Avec cette déclaration, il se dresse cependant contre la direction du parti avec Susanne Vincenz-Stauffacher et Benjamin Mühlemann, qui veulent certes renforcer l'armée, mais sans augmentation des impôts.
Martial Trezzini/Keystone
Même lorsqu'il s'agit des nouveaux contrats avec l'UE, il est difficile de discerner la ligne du parti parmi toutes les nouvelles et déclarations contradictoires. Alors que le conseiller national Simon Michel (FDP, SO) fait campagne pour les contrats dans tout le pays, le coprésident du FDP Mühlemann a voté contre le paquet de contrats et pour une majorité des cantons lors du futur vote.
Et même sur la fiscalité individuelle, qui trouve son origine chez les femmes FDP et sera soumise au vote dès le 8 mars, le parti ne soutient pas entièrement l'initiative. Le Freisinn de Zoug rejette cette proposition en partie parce qu'elle serait un "monstre bureaucratique" et n'a trouvé qu'une mince majorité au Parlement. De plus, cela pénaliserait les familles qui répartissent le travail de garde de manière flexible.
L'unité sonne autrement. Dans une telle division, bientôt personne ne sait plus pour quoi ce parti se bat réellement.
Mais un parti peut-il parvenir à un consensus commun s'il lorgne à gauche pour marquer des points, tout en se voyant comme une force bourgeoise? Dans cette quête, le FDP a également imité le modèle de co-présidence de direction du SP.
Il reste à voir si ce modèle s'appliquera aussi au Freisinn. Mais plus important encore serait une ligne de parti claire. Car qui monterait dans un train si l'on ne sait pas où il va?