Le parquet de Zurich a-t-il été trop précipité avec l'accusation contre Sanija Ameti ? Non, car l'action de la chef de l'Opération Libero remplit clairement les conditions de l'art. 261 du Code pénal.
Sanija Ameti a publiquement tiré sur une image de Pietà et a publié la représentation criblée de balles de Marie et Jésus pour provoquer au maximum. Cette image est un objet central de vénération chrétienne.
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Par son acte, Ameti a tourné en dérision les convictions religieuses d'autrui et profané des symboles religieux (art. 261 al. 1 CP). De plus, la Pietà, un objet de culte protégé par la constitution, a été malicieusement souillée (al. 3).
La présentation publique de la Pietà criblée de balles remplit le critère de la profanation « de manière vulgaire ». Un procureur doit intervenir dans un tel cas, car les éléments constitutifs de l'infraction sont clairement remplis. La gravité de l'infraction peut être prise en compte dans la requête pénale.
L'art. 261 protège le respect des convictions religieuses et la paix religieuse. L'acte d'Ameti, en tant que musulmane attaquant délibérément la Pietà, met en danger cette paix, car elle dénigre les convictions des croyants. Son excuse, prétendant qu'il ne s'agissait que d'exercices de tir, ne diminue pas l'outrage.