Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, maintient l’observation de l’AfD par l’Office de protection de la Constitution malgré la décision du tribunal de Cologne et fait en même temps examiner plus en profondeur l’expertise centrale relative au rehaussement du statut du parti.
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Dobrindt a déclaré au Welt: « L’AfD est un cas à surveiller. » Le tribunal administratif de Cologne a clairement indiqué qu’il existait au sein du parti des tendances dirigées contre l’ordre fondamental libre et démocratique, mais que celles-ci ne caractérisaient pas l’image d’ensemble.
Dans le cadre d’une procédure en référé, le tribunal a interdit à l’Office fédéral de protection de la Constitution de classer et de qualifier pour l’instant l’AfD de « définitivement d’extrême droite ». Une décision sur le fond n’a pas encore été rendue. Certes, il existe une certitude suffisante quant à l’existence de tendances hostiles à la Constitution au sein du parti, mais cela ne conduit pas à constater, pour ce qui est de son image globale, une tendance fondamentale hostile à la Constitution.
Parallèlement, le ministère fédéral de l’Intérieur a annoncé un « examen approfondi » de l’expertise de plus de 1 100 pages qui avait servi de base au rehaussement de statut en mai 2025. Le ministère a confirmé cette démarche auprès de l’agence de presse dpa.
Dans cette expertise, l’Office de protection de la Constitution était parvenu à la conclusion qu’il existait au sein du parti une conception du peuple principalement « ethno‑généalogique ». Dobrindt ne s’est pas exprimé sur des mesures concrètes de renseignement et a renvoyé à leur caractère secret.
Alors que l’AfD exige la fin immédiate de « toutes les mesures », le SPD continue de juger possible une procédure d’interdiction. L’affrontement politique et juridique est donc loin d’être terminé.