Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, veut permettre aux demandeurs d’asile d’accéder au marché du travail dès trois mois – et se heurte ainsi à de vives critiques au sein de la police.
Comme l’a annoncé le politicien de la CSU, les demandeurs d’asile devraient à l’avenir être autorisés à travailler nettement plus tôt. Jusqu’à présent, cela n’est possible qu’au plus tôt après six mois. «La meilleure intégration est celle dans le monde du travail», a déclaré Dobrindt. Toutefois, la prise d’un emploi ne devrait avoir aucune influence sur la procédure d’asile, rapporte le journal Bild.
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Le plan reçoit le soutien de l’association «Pro Asyl». Son président, Karl Kopp, a parlé d’une «situation gagnant-gagnant»: les demandeurs d’asile pourraient mener plus rapidement une vie autonome, tout en profitant à la société. La tendance européenne va dans cette direction.
Des réserves viennent en revanche du monde du droit et de la police. Le professeur Daniel Thym met en garde: un accès plus précoce au marché du travail pourrait compliquer les expulsions. Il pourrait être «contre-productif» de mettre rapidement les personnes au travail si elles doivent quitter le pays à l’issue de la procédure. Le véritable problème réside dans la longueur excessive des procédures d’asile.
Le président du syndicat allemand de la police, Heiko Teggatz, a qualifié cette initiative de «hautement peu sérieuse». La prise d’un emploi pourrait suggérer un séjour durable, qui serait éventuellement révoqué ultérieurement. Il craint en outre un «facteur d’attraction» supplémentaire, qui contrecarrerait le tournant souhaité en matière d’asile.