On souligne sans cesse que l’Europe se tient au bord d’un nouveau grand conflit. Depuis l’attaque russe contre l’Ukraine, les avertissements se multiplient également en Suisse. Le ministre de la Défense du centre, Martin Pfister, avertit régulièrement que la Suisse doit se préparer à une décennie incertaine et renforcer substantiellement sa préparation à la défense.
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Si la situation est vraiment si grave, pourquoi la politique hésite-t-elle à prendre des mesures concrètes? Le débat sur les munitions de poche montre particulièrement ces contradictions. Depuis des mois, on entend que la Suisse doit être capable de réagir plus rapidement en cas d’urgence.
Face à de tels cris d’alarme, il serait logique que les soldats n’aient pas besoin de se rendre dans un point de distribution pour être opérationnels. Celui qui parle constamment d’une menace historique devrait en tirer la conclusion logique: une plus grande préparation, pas moins. Pourtant, le Conseil des États a décidé le contraire et maintient l’interdiction comme le Conseil fédéral.
En cela, ils confirment indirectement que la situation dramatique invoquée à grands cris est apparemment moins grave que certains le prétendent. Car soit la menace est réelle - dans ce cas, des mesures préparatoires seraient cohérentes. Soit elle est politiquement exagérée et on ne croit pas à sa propre rhétorique. Les deux à la fois ne vont pas ensemble.
Bien sûr, les risques comme les suicides ou la violence domestique ne doivent pas être ignorés. Les baisses depuis 2007 sont pertinentes. Mais la politique de sécurité ne peut pas consister à avertir constamment des dangers tout en bloquant chaque ajustement. Ceux qui préparent la population à des temps difficiles ne doivent pas reculer au moindre pas.