Les nerfs sont déjà à vif dans le camp du non à l’initiative « Suisse à 10 millions ». Le patron syndical Pierre-Yves Maillard a comparé, lors de la conférence de presse marquant le lancement de la campagne de votation, l’UDC au Parti communiste chinois. Le ministre de la Justice et camarade de parti Beat Jans était assis à côté de lui en souriant.
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La tentative de l’UDC de contrôler l’immigration avec l’initiative « Suisse à 10 millions » lui rappelle le parti unique au pouvoir en Chine, qui a vainement essayé de freiner la croissance démographique avec sa politique de l’enfant unique. La comparaison de Maillard est discutable à plus d’un titre.
La politique de l’enfant unique a été introduite en Chine alors qu’il était déjà trop tard et que la croissance démographique exponentielle, à un niveau extrêmement élevé de plus d’un milliard d’habitants, était depuis longtemps en train d’exploser.
L’initiative « Suisse à 10 millions » veut empêcher qu’on en arrive là. Et ce, contrairement au parti unique, au moyen de l’instrument de démocratie directe qu’est l’initiative populaire. Les déclarations de Maillard pourraient de toute façon se révéler un boomerang.
L’initiative a une chance de passer notamment grâce aux actifs et aux ouvriers, c’est-à-dire aux personnes que les syndicats prétendent défendre. Une comparaison grossière avec le communisme suffira-t-elle à apaiser les critiques de la croissance dans ses propres rangs?