Le gouvernement fédéral sous la direction du ministre de l'intérieur Alexander Dobrindt (CSU) met fin à l'accueil des Afghans menacés – malgré des engagements existants. Environ 640 personnes, qui figurent sur une liste dite des droits de l'homme ou qui font partie d'un programme de transition, se voient signifier ces jours-ci qu'il n'y a « aucun intérêt politique » à leur accueil en Allemagne. C'est ce qu'a annoncé une porte-parole du ministère fédéral de l'Intérieur, rapporte la Süddeutsche Zeitung.
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Les Afghans concernés – parmi lesquels des défenseurs des droits de l'homme, des juges et des journalistes – avaient obtenu une promesse d'accueil après la prise de pouvoir des Talibans en 2021. Désormais, selon le ministère de l'intérieur, seule une aide pour le départ vers un pays tiers leur est proposée. Pour environ 1300 Afghans actuellement au Pakistan, le sort est également incertain. Le gouvernement d'Islamabad a fixé à l'Allemagne un délai jusqu'à la fin de l'année pour clôturer les programmes. Par la suite, d'autres expulsions vers l'Afghanistan menacent.
Juridiquement, le gouvernement fédéral ne se considère lié qu'au programme fédéral d'accueil, qui a été confirmé à plusieurs reprises par les tribunaux. Les engagements provenant d'autres programmes seraient en revanche de « nature politique », déclare-t-on au ministère de l'intérieur. Même le dernier jugement de la Cour constitutionnelle fédérale, selon lequel la demande d'un juge afghan doit être réexaminée, est interprété par Dobrindt de la manière suivante: il n'existe aucune obligation légale d'accueil.
Avec cette décision, le gouvernement met fin à une promesse de la coalition précédente de la CDU/CSU et du SPD. À l'époque, il avait été promis de protéger particulièrement les Afghans vulnérables – au-delà des forces locales. Le gouvernement actuel vise en revanche à mettre fin aux programmes d'accueil volontaires.