Le Conseil fédéral, en collaboration avec des entrepreneurs d'entreprises suisses, est parvenu à convaincre le président américain Donald Trump de réduire les droits de douane de 39 à 15 pour cent. Helene Budliger Artieda, la secrétaire d'État chargée de ce dossier, estime que la Suisse économisera ainsi six milliards par an. Une performance dont le gouvernement national et les départements responsables peuvent être fiers. Pas le ministre des Affaires étrangères.
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Le conseiller fédéral du FDP Ignazio Cassis refuse catégoriquement de s'exprimer sur l'accord douanier avec le pays exportateur le plus important pour la Confédération. La demande de la Weltwoche de partager son opinion avec le public suisse a été rejetée par Cassis lors d'une conférence de presse vendredi en présence des diplomates en chef du pays, le secrétaire d'État Alexandre Fasel et son adjoint Patric Franzen.
Dans une interview avec le SonntagsBlick, Cassis réitère son refus de manière provocante: « Les négociations douanières relèvent de la compétence de mon collègue Guy Parmelin. Je ne vais pas m'exprimer à ce sujet. » Ainsi, le ministre des Affaires étrangères se retire officiellement de ce dossier pourtant crucial pour la Suisse. Au printemps, il avait tenté, sans succès, de prendre en charge les négociations avec les États-Unis avec une task-force interne.
La position de politique étrangère du futur président de l'OSCE: avec les États-Unis, le pays le plus puissant du monde et le partenaire le plus important en dehors de l'Europe, moi et mon département ne voulons rien avoir à faire. Cela pose à l'inverse la question: Pour quoi la Suisse a-t-elle besoin d'un ministère des affaires étrangères et d'un ministre des affaires étrangères?