Le président de l’Institut allemand de recherche économique (DIW), Marcel Fratzscher, juge probable une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée à 21 %. «Nous devons partir du principe que, finalement, la coalition choisira la solution de facilité: elle augmentera la TVA de deux points, ce qui rapporterait 30 milliards d’euros supplémentaires», a déclaré Fratzscher au Réseau de rédaction Allemagne (RND). La cause en est le trou budgétaire de plus de 130 milliards d’euros entre 2027 et 2029.
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L’Union rejette les hausses d’impôts, le SPD ne veut pas économiser sur l’État‑providence – «et aucun des deux ne veut réduire les subventions», selon Fratzscher. Une hausse de la TVA serait donc «politiquement confortable», mais «socialement fatale», car elle toucherait particulièrement durement les bas revenus.
L’économiste a en outre réclamé une nette augmentation de l’impôt foncier, qui pourrait servir de substitut à un impôt sur la fortune. «Les terrains et les biens immobiliers ne peuvent, après tout, pas s’enfuir», a déclaré Fratzscher. L’Allemagne taxe le patrimoine à un niveau trop faible en comparaison internationale.
Le président du DIW s’est également prononcé pour la suppression des subventions néfastes pour le climat – par exemple l’avantage fiscal sur le diesel, l’exonération de taxe sur le kérosène et l’indemnité kilométrique pour les trajets domicile‑travail. Au total, l’État pourrait ainsi économiser environ 60 milliards d’euros.
Le quotient conjugal devrait également être supprimé et les mini-jobs largement supprimés. Sans réformes structurelles, la situation économique restera sombre à ses yeux: «Le moteur de croissance en Allemagne ne redémarrera jamais, ne serait‑ce qu’en raison de la démographie.»