Profitent-ils uniquement du mythe ou ont-ils une chance d'avenir ? Les constructeurs automobiles allemands sont au point zéro de leur transformation : Mercedes-Benz annonce une baisse des bénéfices de 2,7 milliards d'euros. L'icône des voitures de sport Porsche effectue un freinage d'urgence face à une chute de 71 % de ses bénéfices, tandis que la maison mère Volkswagen freine aussi. Et maintenant, BMW annonce également une chute d'environ un tiers de ses bénéfices.
Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
Le polyéchec d'organes qui se joue actuellement se déroule ainsi : d'abord, cela touche les organes périphériques. En Chine, environ 200 fabricants de voitures se livrent une bataille acharnée. Les prix s'effondrent, seuls quelques-uns survivront. Pour les fabricants étrangers, le marché s'est presque effondré.
Ensuite, aucun remède n'est en vue : les fabricants de voitures dépenseront mondialement 43 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour les logiciels automobiles. La demande se déplace du matériel vers les logiciels. Les fournisseurs régionaux ne sont pas préparés et ne peuvent pas livrer.
Ensuite, l'air devient rare : les droits de douane de l'UE et la politique douanière agressive des États-Unis posent des problèmes aux constructeurs automobiles mondialement connectés. Leurs chaînes de valeur sont fortement imbriquées à l'international. Les composants traversent souvent plusieurs frontières nationales. Les droits de douane frappent les bilans comme la foudre. Davantage de production doit être délocalisée vers les marchés de vente. Cela aussi est coûteux.
Enfin, le médecin prescrit le mauvais remède : au lieu de protéger son marché, l'UE torpille son secteur le plus important. Elle édicte des normes d'émissions rigides avant que l'industrie locale ne soit prête. Cela alors que les prévisions pour les voitures électriques sont nettement revues à la baisse. En 2023, on comptait encore sur une part de voitures électriques de plus de 50 % d'ici 2030. Maintenant, ce n'est plus qu'environ 40 %. La transformation électrique est très variable selon les régions : en Chine, une voiture neuve sur deux est déjà électrique. En Europe, le marché stagne. Et aux États-Unis, il recule même. Conséquence : les fabricants et fournisseurs doivent gérer plusieurs technologies de propulsion en parallèle. Cela coûte vraiment cher - et le patient tombe dans le coma.
Peut-il encore être sauvé ?
Oui, mais il sera différent. BMW montre l'exemple. Les Munichois maintiennent leurs prévisions malgré la chute des bénéfices, car ils estiment être plus avancés dans leur restructuration que les autres. Ils continuent à gagner sans gêne avec des modèles à combustion attractifs, dont les bénéfices sont investis dans la transformation. En septembre, la "Nouvelle Classe" de BMW apparaîtra. Peut-être le mythe brillera-t-il à nouveau.