Chaque ménage le sait: à long terme, on ne peut dépenser que ce que l’on gagne. À Berne, cette règle simple semble toutefois avoir été abolie. Les dépenses augmentent d’année en année – et le Parlement, pourtant censé être dominé par le camp bourgeois, n’est même pas en mesure de freiner efficacement cette croissance. Le verdict du PLR est donc sans appel: insuffisant.
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Le « paquet de désendettement 27 » n’a jamais été, dès le départ, un véritable programme d’économies, mais seulement une tentative de freiner quelque peu la croissance des dépenses. Or même cet objectif modeste a été fortement édulcoré au cours du processus parlementaire. Des 3,9 milliards de francs prévus à l’origine, il ne reste plus qu’environ un tiers. Le coprésident du PLR, Benjamin Mühlemann, critique le fait que le Parlement ne soutient même pas de manière cohérente des allégements minimaux et affaiblit largement les corrections nécessaires.
Les schémas politiques sont une fois de plus clairement reconnaissables: le PS parle de protection du pouvoir d’achat, mais défend au Parlement avant tout sa propre clientèle – la hausse des dépenses publiques reste en grande partie intouchée. Le Centre, de son côté, se donne une image responsable, mais vote régulièrement avec la gauche et bloque de véritables priorisations, tout en réclamant de nouvelles recettes.
Mais à droite aussi, le tableau est connu: les appels à l’austérité ne valent souvent que tant que les intérêts propres ne sont pas touchés. Dès qu’il s’agit par exemple de l’agriculture, les subventions sont vigoureusement défendues – jusque dans le détail de chaque poste de dépense.
Les conséquences sont prévisibles: les dépenses de la Confédération continuent d’augmenter et se rapprochent de la barre des cent milliards de francs. Leur financement se fait insidieusement par des prélèvements plus élevés et de nouveaux impôts – au détriment de la population et de l’économie. Alors que les ménages privés et les entreprises sont depuis longtemps contraints d’établir des priorités, le monde politique refuse précisément cette réalité.
Pour le PLR, une chose est donc claire: de nouveaux impôts ne sont pas la bonne voie. Au lieu de redistribuer toujours plus de moyens, il faut enfin une discipline stricte en matière de dépenses et de véritables priorités – y compris dans les domaines jusqu’ici épargnés politiquement. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible d’empêcher que le déséquilibre des finances publiques ne s’aggrave davantage.