Le Parlement israélien a décidé cette semaine que, pour les Palestiniens de Cisjordanie condamnés pour un attentat terroriste mortel, la peine de mort par pendaison sera désormais appliquée par défaut. Ainsi, l’usage de la peine capitale est étendu dans un pays où elle était pratiquement abolie.
Alaa Badarneh/EPA/Keystone
On ne sait pas encore si la loi entrera en vigueur. Une organisation israélienne de défense des droits civiques a déposé immédiatement après son adoption au Parlement une pétition auprès de la Cour suprême, qui aura le dernier mot.
Le ministre à l’origine de cette nouvelle « loi de la potence » est Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale. On est habitué chez lui à un certain nombre de provocations. La peur et la violence lui servent de moyens pour se profiler auprès de sa base électorale et pour faire évoluer l’agenda politique selon ses conceptions radicales – certains diraient: racistes. Il a déplacé une ligne rouge morale. Le fait que la peine ultime ne doive s’appliquer qu’aux terroristes palestiniens, et non aux terroristes juifs, rend son initiative d’autant plus problématique.
Ben-Gvir rejette l’accusation selon laquelle la loi serait condamnable sur les plans éthique et juridique. Ce qui est condamnable, ce n’est pas sa loi, mais le fait que des terroristes assassinent des civils innocents, rétorque-t-il en substance à ses critiques. Il se présente comme un défenseur intransigeant de la sécurité et balaie d’un revers de main, avec un mépris ostentatoire, les arguments des juristes et des moralistes.
Mais cette affirmation est aussi sonore que vide. La peine de mort n’a aucun effet dissuasif sur des combattants radicalisés idéologiquement, qui accordent peu de valeur à leur propre vie et intègrent consciemment la mort dans la préparation de l’attentat. Pour eux, ce n’est pas la crainte de la sanction qui prime, mais l’espoir d’un statut posthume de martyr – nourri par le fantasme d’une récompense dans l’au-delà que des prédicateurs extrémistes inculquent aux islamistes depuis des décennies.
Quiconque suit cette logique nihiliste et méprisante de l’être humain ne se laisse dissuader ni par une potence ni par une injection létale. Le mépris banal des principes fondamentaux de la civilisation est donc un moyen totalement inapte à lutter contre le terrorisme. Il ne fait que causer des dégâts.