Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a approuvé une loi durcissant les peines contre l’homosexualité. De nouvelles dispositions entrent ainsi en vigueur, qui étendent les peines d’emprisonnement et criminalisent également la «promotion» des actes correspondants. C’est ce que rapporte Reuters.
Le Parlement avait approuvé la loi au début du mois à une large majorité. Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko l’ont signée vendredi.
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La nouvelle loi double la peine maximale d’emprisonnement pour les actes entre personnes de même sexe, qui peut désormais aller jusqu’à dix ans. Des amendes pouvant atteindre dix millions de francs CFA peuvent également être infligées. Jusqu’à présent, le droit pénal prévoyait des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.
La «promotion» ou le financement de tels actes devient également passible de poursuites. Le texte de loi mentionne notamment l’homosexualité, la bisexualité et la «transsexualité».
Avant la signature, des organisations internationales de défense des droits humains avaient exprimé des critiques. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré le 12 mars que la loi «est en contradiction avec les droits humains inaliénables qui reviennent à chacun d’entre nous: le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité, ainsi qu’à la liberté d’expression, d’association et de réunion».