C'est un point central en lien avec l'accord-cadre 2.0 – à savoir la question de principe, si ces accords devraient être soumis à un référendum obligatoire, comme l'exige l'initiative Kompass. Cela signifierait que les nouveaux accords de l'UE nécessitent l'approbation du peuple et des cantons. Le Conseil fédéral manœuvre très délibérément sur cette question.
Si les nouveaux accords sont soumis à un référendum obligatoire, il sera plus difficile pour les moteurs de l'UE de mener à bien cet accord colonial controversé. Le Bureau fédéral de la justice a conclu dans un avis juridique qu'aucune majorité de cantons n'est nécessaire dans ce cas d'un point de vue juridique. Depuis lors, le gouvernement se cache derrière cette évaluation.
Maintenant, les initiateurs de Kompass ont reçu un soutien inattendu : Paul Richli, professeur émérite de droit public, s'est prononcé en faveur d'un référendum obligatoire lors d'une interview avec les journaux CH-Media.
Il estime que, sur des questions d'une portée exceptionnellement grande, le Conseil fédéral et le Parlement pourraient décider d'un référendum obligatoire. Cela a été le cas en 1992 avec l'accord EEE.
En effet, selon Richli, les traités équivalent à une modification matérielle de la constitution. « Ils limitent les compétences des parlements et des gouvernements au niveau fédéral et cantonal ainsi que le droit de vote libre garanti par la constitution pour les citoyens de la fédération et des cantons », avertit le professeur de droit.
Il est convaincu que cela changera l'ADN démocratique de la Suisse.
En clair : « Cela restreint de manière grave le droit de vote du peuple, en particulier la libre formation de l'opinion, car les mesures compensatoires (ndlr sanctions) planent comme une épée de Damoclès sur la décision. »
Richli ajoute : « Nous ne savons pas dans quelle direction l'UE et la jurisprudence de la Cour de justice européenne évolueront. C'est une boîte noire. Il est par exemple concevable que la souveraineté fiscale des cantons passe à la trappe. »
Il est difficile de croire que le Conseil fédéral n'a pas été jusqu'à présent en mesure ou n'a pas voulu plaider sans condition pour la majorité des cantons, car il s'agit de la souveraineté du pays. Que l'on doive d'abord mettre la pression sur le gouvernement avec une initiative est un témoignage de pauvreté et une gifle à la face de tous les citoyens.