Le Parti socialiste (PS) voulait abolir l'armée et l'obligation de servir, instaurer une interdiction d'exporter du matériel de guerre et éliminer l'armée de l'air. Mais depuis le début de la guerre en Ukraine, les camarades ont changé de position. Ils sont toujours contre l'armée suisse, mais soutiennent un réarmement du continent.
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La gauche dans son ensemble a-t-elle renoncé au pacifisme ? Pas tout à fait, comme le montre un article récent «Des armes pour la paix» dans le journal Vorwärts*. La publication critique ouvertement ses camarades belliqueux dans ses rangs.
«Le PS n'est pas la seule force de gauche à avoir abandonné tout antimilitarisme. En Suisse aussi, les Verts et les médias de gauche comme la WOZ ont pris un tournant belliciste», écrit la publication.
Le journal donne plusieurs exemples pour étayer ses arguments :
- Des parlementaires comme Franziska Roth et Priska Seiler Graf prônent un rapprochement avec l'OTAN.
- Le conseiller national socialiste Jon Pult et d'autres ont demandé le transfert d'armes à l'Ukraine.
- Les Verts soutiennent également une politique de sanctions unilatérales de la Suisse.
- Le journal hebdomadaire de gauche WOZ plaide dans «d'innombrables articles» pour des livraisons d'armes.
La conclusion de l'article : Les partis de gauche ont perdu toute prétention à être une voix du mouvement pacifiste. Ils veulent envoyer des centaines de milliers d'Ukrainiens et de Russes «à la mort» dans une guerre où il n'y a «rien à gagner», et condamnent tout «effort diplomatique».
Il est à espérer que cette guerre intolérable en Europe de l'Est se termine bientôt. Il sera toutefois important que tout le monde se souvienne du rôle que le PS et ses amis ont joué dans ce carnage insensé.
*L'auteur de cet article remarquable – Timeo Antognini – est doctorant à l'Université de Fribourg et mène des recherches sur le mouvement pacifiste suisse