Lima – Officiellement, ils n'existent pas, les quelque mille prisonniers politiques au Venezuela. Mais vendredi, la présidente intérimaire Delcy Rodríguez a annoncé une amnistie générale pour tous les détenus emprisonnés depuis 1999 pour des délits politiques. Un mois après l'arrestation du dictateur Nicolás Maduro, Rodríguez a appelé à la réconciliation de la nation et demandé «de renoncer à la vengeance». Il n'est pas clair si les violations des droits de l'homme commises par le régime sont également couvertes par cette amnistie.
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L'amnistie doit encore être approuvée par le Parlement, ce qui est cependant considéré comme une formalité. Dès mercredi, le Parlement présidé par le frère de Delcy, Jorge Rodríguez, a adopté à l'unanimité un paquet législatif qui annule la nationalisation de l'industrie pétrolière et ouvre le Venezuela aux investisseurs étrangers. Le président américain Donald Trump a entretemps libéré l'espace aérien au-dessus du Venezuela, fermé depuis des semaines, et a encouragé les citoyens américains à se rendre au Venezuela. Le pays est désormais considéré comme sûr pour les étrangers.
Selon les autorités officielles, le régime a jusqu'à présent libéré 600 prisonniers politiques. Devant les prisons, des scènes émouvantes avec les familles ont été retransmises par la radio d'État. L'organisation de défense des droits de l'homme «Foro Penal» parle de 302 prisonniers libérés jusqu'à présent, indiquant qu'il est possible que tous les noms ne soient pas connus. Selon «Foro Penal», 711 prisonniers politiques dont les noms sont connus attendent encore leur libération au Venezuela.
Symboliquement tout aussi significative est la fermeture annoncée par Delcy Rodríguez du tristement célèbre centre de torture et de détention «El Helicoide», géré par la police secrète SEBIN. Au cours de la semaine, la radio contrôlée par l'État au Venezuela a diffusé des images de Delcy Rodríguez discutant dans la rue avec des étudiants protestataires demandant la libération immédiate des critiques du régime. Il y a encore un mois, de telles scènes auraient été absolument impensables.
Le Secrétaire d'État américain Marco Rubio a averti mercredi lors d'une audience devant le Sénat que le retour du Venezuela à la démocratie constitutionnelle est un chemin long et difficile que le pays doit parcourir par lui-même. Tout d'abord, il faut stabiliser le Venezuela et empêcher le chaos. L'objectif est clair, mais il est prématuré de définir un calendrier contraignant.
La grande question reste de savoir si le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello et le chef de l'armée Vladimir Padrino vont jouer le jeu. La justice américaine a toujours une prime pour trafic de drogue de 25 et 15 millions de dollars respectivement sur la tête des deux figures de la dictature de Maduro. Notamment Cabello, qui contrôle une armée de bandes de motards violentes (les soi-disant «Colectivos»), est considéré comme un dur. Il s'est à plusieurs reprises exprimé publiquement contre une amnistie.