Le syndicat de la police de Berlin (GdP) rejette catégoriquement la suppression de l’interdiction du voile dans la police. Le porte-parole de la GdP, Benjamin Jendro, a déclaré au Berliner Zeitung: « Avec nous, en tant que GdP, il n’y aura pas de policières portant le voile en service dans la capitale. »
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Comme le rapporte le journal Welt, les Verts berlinois ont décidé lors de leur congrès de supprimer la loi sur la neutralité, qu’ils considèrent comme « discriminatoire ». Celle-ci interdit aux enseignants, aux policiers et aux agents de la justice de porter des symboles religieux visibles pendant leur service. Le parti fait valoir que la loi exclut « en particulier les femmes portant le voile du service public » et s’appuie pour cela sur la jurisprudence de la Cour constitutionnelle fédérale.
Les critiques se concentrent surtout sur cette justification. Certes, la Cour constitutionnelle fédérale a jugé inconstitutionnelle une interdiction générale des symboles religieux pour les enseignants. Toutefois, l’arrêt ne concernait pas les policiers. De plus, les autorités scolaires peuvent continuer à imposer des restrictions au cas par cas. Jendro a rappelé l’obligation de neutralité des fonctionnaires. « Nos collègues sont soumis à l’obligation de neutralité. Ils ne se promèneront pas non plus avec un crucifix ou une kippa visibles dans la Sonnenallee », a-t-il déclaré.
Au sein même des Verts, il existe également une opposition. Le groupe interne au parti « Verts laïques » reproche à son propre parti de présenter de manière erronée la situation juridique. Il souligne que les interdictions du voile, par exemple dans la justice de Basse-Saxe et de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, ont été confirmées par les tribunaux et sont donc légalement admissibles.