Le tribunal administratif de Karlsruhe a annulé une interdiction de séjour prononcée à l’encontre de l’activiste autrichien Martin Sellner. Cette interdiction était illégale, a indiqué le tribunal.
La commune de Neulingen, dans l’arrondissement d’Enz en Bade-Wurtemberg, avait interdit à Sellner en août 2024 de séjourner sur son territoire. Elle voulait ainsi empêcher une lecture publique prévue par l’activiste. Sellner a intenté un recours contre cette décision – avec succès. Selon le tribunal, il manquait des éléments suffisants permettant de conclure que des infractions pénales étaient à prévoir lors de la manifestation.
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La commune avait fait valoir que Sellner, en raison de ses positions politiques et de sa grande portée médiatique, représentait un danger pour l’ordre fondamental libre et démocratique. On pouvait craindre qu’il ne commette, lors de la lecture, par exemple le délit d’incitation à la haine. Le tribunal a toutefois déclaré que des faits concrets justifiant une telle supposition n’avaient pas été exposés de manière suffisante.
Certes, la commune avait expliqué de manière compréhensible que Sellner pourrait éventuellement exprimer des opinions politiques contraires à la Constitution. Mais cela ne suffit pas, à lui seul, pour imposer une interdiction de séjour sur la base de la loi sur la police. En raison de la liberté d’opinion garantie par la Loi fondamentale, il faut démontrer l’existence d’un danger concret d’infractions pénales.
Sellner est considéré comme la figure de proue du mouvement identitaire. Il s’est notamment fait connaître par le concept de « remigration ». Le jugement du tribunal administratif n’est pas encore définitif.